F.A.N - New Young Poney Club
Tu m'aimes ?
Silence.
Tu m'aimes, dis ?!
Il soupire.
Putain t'es lourde. J'aime pas ce genre de questions.
Ce genre de question ?!
Bin ouai. Ca se demande pas ça !
Tu dis ça parce que tu m'aimes pas.
Soupir encore plus grand.
Tu fais chier, j'ai pas envie de répondre là, tu m'énerves. Ouai je tiens à toi, t'es contente ? J'aime pas cette expression là... « je t'aime ». Ca veut rien dire en fait ! «Je aime toi ». Moi bien t'aimer. Ben ouai je t'aime bien !
Entre aimer et bien aimer, je suis désolée, mais il y a tout un monde. Si tu m'aimes juste bien, alors t'es plus mon mec. Je suis juste ta copine de baise.
Pff mais non on partage plus que la baise !
Ah. Comme quoi ? (sourire vicieux)
Ben...on fait autre chose ensemble.
Encore heureuse...si tu parles de faire les courses merci mais...
T'es chiante !!
Ouai je sais. C'est parce que je t'aime BIEN.
T'as décidé d'être drôle aujourd'hui...
Moi ça ne me fait pas rire.
Bin moi si ! Vous êtes toutes les mêmes finalement...
Ahh bravo (elle applaudit). Merci pour cette grande phrase digne de rester gravée dans les annales du conformisme idiot et déplorable ! Très trèèès bien, j'apprécie beaucoup.
Tu sais comment énerver les mecs toi en tous cas. Des fois je me demande ce que...
Ce que tu fais avec moi ?! Ben vas-y la porte est grande ouverte, si t'en as marre, c'est pas la peine de rester.
Ouai bien sûr...oublie pas que j'habite ici autant que toi.
Je trouverai facilement un autre colocataire.
(fou rire) Franchement là excuse-moi mais c'est vraiment culottée !
(sourire carnassier) En parlant de culotte...tu l'aimes bien ma nouvelle culotte ?
Elle fait glisser lentement son jeans, dévoilant le ruban de sa culotte en soie.
Attends là c'est un peu facile...
Elle se mord les lèvres.
Je ne dis pas le contraire, mais j'ai des arguments infaillibles...
(intrigué) Mouai. Ca reste à démontrer...
Elle se lève puis l'attire fermement vers elle en le tenant par le col de sa chemise.
T'es sûr tu veux vraiment savoir ?
Elle le pousse sur le canapé, d'un air tout à fait déterminé. Il la regarde en souriant, appuyé sur ses coudes, comme prêt à savourer un spectacle.
Finalement, ils s'aiment, mais ne se le disent pas. Trois mots sont remplacés par des disputes, des étreintes, des fous rire complices, des incompréhensions, la part de mystère insondable de l'autre, les réconciliations sur l'oreiller. Pourquoi aurait-on nécessairement besoin de valider ce vaste et complexe tourbillon de sentiments et de déchirements par trois misérables mots qui ne sont parfois qu'un moyen détourné de se décharger de la conquête permanente et obligatoire de l'autre ?
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